Les PWA, une réelle alternative aux applications mobiles natives ?

Il est désormais acquis que le mobile draine une grande partie du trafic web.

Pourtant, sur mobile ce sont les applications qui sont les plus utilisées : faciles d’accès, parfaitement adaptées aux contraintes d’affichage, plus rapides, elles représentent plus de 80% du temps passé au détriment du navigateur et autres fonctions du mobile.

Mais là où ça se corse, c’est que ce temps est consacré (entre 77 et 80%*) à uniquement 3 applications et entre 96% et 97% du temps sur 10 applications (selon les classes d’âge) !

C’est dire qu’il est difficile pour une marque ou une enseigne d’obtenir l’attention des utilisateurs pour communiquer sur ses contenus et produits et provoquer de l’engagement.

De plus, il y a toujours une petite réticence à acheter sur mobile et les taux de conversion continuent d’être meilleurs sur ordinateur.

Sources : Magento PWA overview and Forrester Reasearch The State of Retailing Online 2018

 

Une évolution naturelle du marché du mobile est en train de s’amplifier : et si on pouvait concilier le meilleur du natif mobile et des technologies web ?

C’est l’ambition des Progressive Web Apps (PWA), technologie poussée par Google.

Une PWA, c’est quoi ?

Les Progressive Web Apps (PWA) utilisent des technologies web standardisées qui permettent de se rapprocher des usages des applications natives : installation sur l’écran d’accueil, push notifications, affichage en plein écran, géolocalisation…

L’avantage étant que les PWA sont optimisées pour proposer de hautes performances de chargement (temps réduit voire instantané) et certaines données accessibles en offline (pratique en cas de coupure réseau).

Qu’est-ce que ça change par rapport à mon site responsive ?

Le responsive propose un contenu commun adapté en fonction du support sur lequel on consulte le site (ordinateur/mobile), pour chaque page il est donc nécessaire de charger le contenu et il en est de même à chaque changement de page.

Sur une PWA, seul le contenu nécessaire au device de l’utilisateur est chargé, ainsi une page présentant du contenu riche (vidéos, images, etc.) ne sera pas chargée en une fois mais davantage à la demande, ce qui a pour effet de proposer des temps de réponse record, en phase avec les attentes des utilisateurs mobiles.

Comment ça fonctionne ?

 La PWA s’installe sur l’écran d’accueil depuis un navigateur mobile, il n’est pas nécessaire de passer par un store d’applications (même si le Google Play Store commence à référencer également des PWA).

Elle s’appuie sur le navigateur, qui pourra exploiter un grand nombre de fonctions natives du mobile (caméra, micro, notifications, Géolocalisation)

Pierre angulaire de la PWA, le Service Worker est un fichier Javascript qui va jouer le rôle de proxy entre la PWA, le réseau et le navigateur.

C’est lui qui permettra d’accéder à des informations offline en gérant la stratégie de cache.

Le deuxième élément essentiel est un fichier JSON qui rend notamment possible l’installation sur l’écran d’accueil en renseignant l’icône, le nom de l’application, l’écran de démarrage, le mode plein écran.

A ces deux éléments principaux, il faut ajouter certains choix technologiques pour l’optimisation de la performance et le SEO.

 

Dois-je jeter mon appli à la poubelle ?

 En réalité, cela dépend de vos objectifs et des usages de vos clients.

Une application mobile reste plus efficace dans de nombreux cas : applis relationnelles (avec scan de QR code par ex), jeux, applis de streaming (qui auront besoin du bluetooth pour diffuser), applis qui ont besoin d’une géolocalisation très précise, de faire du Géofencing ou utiliser du NFC, réalité augmentée…

Pour ce qui est des applis orientées commerce, une PWA peut proposer une expérience similaire et améliorer la fréquentation et la conversion par rapport à un site web responsive.

Il faut cependant avoir conscience qu’il s’agit d’une technologie récente et qu’Apple (sans doute parce qu’elle est poussée par Google) ne propose pas une compatibilité complète sur iOS : pas de notification, pas de synchronisation en background…

Une ombre au tableau qui tend à s’effacer puisque dans les dernières versions de l’OS de nombreux ajouts ont été faits (Service Worker depuis iOS 11.3 par exemple) et la sortie d’iOS 13 imminente continuera d’aller dans ce sens.

Des premiers résultats encourageants

De nombreux grands acteurs ont déjà mise en place une PWA dans le cas d’usages simples et cela montre que la question peut se poser en fonctions des objectifs et enjeux business :

  • Twitter
  • Pinterest
  • Instagram
  • eBay
  • Uber
  • Trivago
  • Starbucks
  • Tinder

Voici par ailleurs quelques retours d’expérience de marques et enseignes qui ont sauté le pas :

 

ETAM
 

Selon Edouard Bataille -Creative Technologist chez Etam- depuis la mise en place de la PWA en juillet 2018, les visiteurs consultent plus de pages, naviguent plus longtemps, le taux de conversion est meilleur, le panier moyen augmente, et des gains SEO ont été constatés également grâce aux meilleures performances de chargement.

Leur PWA génère des notifications essentielles comme le suivi de commande, le Offline donne quant à lui accès au fonctionnalités du compte client : fidélité, commandes, etc.

 

 

FLIPKART
 

Cet E-commerçant Indien contrôlé à 77% par Walmart, a lancé sa PWA en 2015.
Après avoir tenté une expérience « App only », leur stratégie s’est orientée vers une PWA qui devait combiner les avantages du web et les fonctionnalités proposées par l’app, avec comme objectif d’être accessible offline, utiliser moins de data, charger très rapidement et ré-engager ses utilisateurs.

Les résultats ? Un taux de conversion boosté de 70%, 3 fois plus de temps passé sur le site, un taux de réengagement boosté de 40% et 3 fois moins de data stockée sur le smartphone.

 

GEORGE
 

La marque britannique de vêtements d’ASDA (appartenant à Walmart) a constaté avec sa PWA une augmentation de 28 % du temps passé, de 31% de conversion, de 20% du nombre de pages vues par visite.

Le temps de chargement des pages a également été réduit de 3,8 fois.

 

 

En conclusion

La mort des applications mobiles est prophétisée depuis déjà plusieurs années.

Pourtant, force est de constater que les stores d’applications ne sont pas encore désertés (Play store = 1,43 millions d’applis, App Store = 1,21 millions d’applis) et que certaines applis remplissent parfaitement leur contrat (Uber, Spotify, Amazon, Fnac,…).

Il faut donc voir dans les PWA une réelle opportunité à étudier selon certains critères :

  • Quel est le taux d’utilisation de votre appli (si vous en avez proposé une sur les stores) ?
  • Comment se comporte votre audience mobile ?
  • Sur quels environnements se connecte-t-elle (Android / iOS) ?
  • Votre proposition de valeur / offre nécessite-elle un niveau de réponse irréprochable sur des fonctions natives du mobile (NFC, Bluetooth, Géolocalisation) pour fonctionner ?

De leur côté, les PWA peuvent permettre d’envisager : la diminution des coûts de développement et de maintenance, une meilleure rapidité de chargement, une meilleure visibilité sur les moteurs de recherche, une augmentation du taux de conversion…

Il est donc nécessaire d’évaluer votre propre situation avant de prendre cette orientation stratégique.

Nos équipes seront ravies d’étudier le sujet avec vous !

 

*Source : Comscore mobile app report