Le RCS : état des lieux sur le SMS du futur par Google

RCS pour Rich Communication Service. C’est par cet acronyme que Google essaye depuis quelques temps déjà de révolutionner le SMS. Non sans mal.

Et c’est vrai qu’il en a bien besoin, ce bon vieux SMS (Short Message Service) : il est presque aussi vieux que la téléphonie mobile en elle même. Très pratique à ses débuts, il a depuis été ringardisé par les messageries instantanées modernes, telles WhatsApp ou Messenger, qui permettent de faire tellement plus de choses que le simple échange de message texte : accusé de réception, indicateur qu’un message est en train d’être composé, partage de liens, de vidéos, de photos, de gif animées, et bien sûr les discussions groupées. Autant d’atouts que possèdent ces apps de messageries, mais que possède également iMessage, le SMS enrichi à la sauce Apple.

iPhone vs RCS

Le mot est lâché, Apple. L’indétrônable concurrent à Android, celui sans qui ces débats trollesques entre pro-Google et pro-Pomme n’auraient pas eu lieu depuis tant d’années déjà.

Vous qui avez un iPhone, iMessage c’est quand vos messages partent en bleu, et non en vert. Vous pouvez faire tant de choses avec ces iMessages, y compris jouer et même télécharger des apps spécifiquement prévues pour cela. Les retrouver sur tous vos devices, iPhone, iPad et même Mac. Le tout, sans besoin de connexion au réseau de votre opérateur (vous remarquerez que les iMessages partent avec une simple connexion Wifi).

Seul hic : votre (ou vos) interlocuteur(s) doivent également être dans l’environnement d’Apple, et connectés à internet. Sinon, vos jolis petit messages bleus se transformeront inexorablement en petits messages verts, et ce sera retour à la préhistoire des SMS classiques.

Les débuts chaotiques du RCS

Google ne pouvait donc pas être en reste et a lancé il y a quelques mois (voire années) une initiative pour proposer un remplacement au SMS, les RCS. Un standard qui se veut universel (mais calmons là tout de suite nos ardeurs : je ne pense pas que ce standard soit prêt d’être adopté par Apple). Et qui, peu ou prou, reprend les fonctionnalités enrichies de WhatsApp et consorts.

Les débuts sont pour l’instant chaotiques, à mon sens pour une raison : là où Apple maitrise le hardware (les iPhones), le software (les versions d’iOS), voire les relations avec les opérateurs (remarquez le ramdam chez ceux-ci à chaque nouvelle version d’iPhone), Google lui paie la fragmentation du monde Android : multiples modèles et marques de téléphones, multiples versions plus ou moins proprement déclinées de l’OS Android. Difficile de mettre tout le monde en ordre de marche.

D’autant plus que le RCS, tel qu’il a été pensé par Google, nécessite l’appui des opérateurs. On en arrive à une situation ubuesque où le Pixel 4 (pourtant un téléphone made in Google) n’a pas le support RCS chez plusieurs opérateurs américains.

Même si Google a semble-t-il choisir d’accélérer (notamment en France et au Royaume-Uni), le chemin semble encore long vers l’adoption à grande échelle du RCS. Et c’est d’autant plus paradoxal que la base installée d’utilisateurs Android est juste immense comparée aux utilisateurs d’iPhone.

Le SMS, votre vie privée exposée à tous (ou presque ?)

Dernier point, et non des moindres qui appelle pourtant appelle à une remise en question du SMS actuel : la sécurité. Les SMS ne sont pas cryptées. Ni sur vos téléphones, ni lorsqu’ils transitent chez les opérateurs. Autant dire que c’est une belle porte ouverte aux oreilles un peu trop curieuses. Et là aussi le RCS ne répond pas présent : il ne proposera pas un système de cryptage semblable à celui d’un WhatsApp ou un Telegram par exemple. La seule concession à la vie privée dans la version actuelle du RCS, c’est que les messages seront supprimés des serveurs après avoir été délivrés. Maigre consoltation.

Il va falloir attendre encore un peu pour voir si le RCS va prendre son envol, mais une chose est certaine : il est décidemment bien mal né.